Les mutilations génitales féminines

17 Apr, 2008

L’excision est une pratique traditionnelle qui consiste à enlever totalement ou partiellement le clitoris des filles. Mais le drame c’est qu’elle fait toujours des victimes en Afrique. Et c’est justement pour minimiser l’ampleur du fléau que la journée mondiale de la jeune fille met cette année un accent particulier sur la lutte contre cette pratique dont les conséquences néfastes sur la santé des femmes ne sont plus à démontrer.

En effet, selon la cellule guinéenne de lutte contre les mutilations génitales féminines CEPETAF, l’excision fait partie des maux qui rongent l’épanouissement et la santé de la femme. Au nombre de ces maux, on cite surtout des plaies inguérissables suite aux blessures infligées aux filles, des odeurs nauséabondes, des fissures au cours de l’accouchement, la frigidité et autres infections notamment celles des maladies sexuellement transmissibles y compris le sida. Mais au juste, pourquoi les africaines tiennent toujours à perpétuer la pratique de l’excision ? « C’est parce qu’une femme non excisée n’est pas propre.

Tant qu’elle ne subit pas l’opération, elle ne doit pas être associée à certains hauts faits de la société », soutient une quinquagénaire, mère et grand-mère d’une dizaine d’enfants.
Plus loin, d’autres femmes vont jusqu’à avancer des arguments selon lesquels l’excision est une recommandation de l’Islam. Ignorance ! Car, même en Arabie Saoudite, berceau de l’Islam, l’excision n’est pas pratiquée. De surcroît, on n’en parle même pas dans le Coran. Autant donc dire que l’excision est une pratique que la religion de Mahomet (paix et salut sur Lui) ne recommande pas. Et ceux qui confondent circoncision et excision se trompent lourdement, car la première a des avantages reconnus même par les sciences médicales. Par contre, l’excision, selon les gynécologues, n’apporte que des conséquences néfastes à la santé de la femme.

En Guinée, malgré les différentes campagnes de sensibilisation menées à travers le pays, nos sœurs subissent toujours les effets des instruments tranchants (couteaux, lames …)
A ce jour, les ONGs impliquées dans la lutte contre l’excision, cherchent du côté des législateurs des textes de loi pour saper les récalcitrantes dont le souci premier est de perpétuer une tradition tant décriée et condamnée par les spécialistes de la santé des femmes.


A. Makissa Diallo

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