Le recouvrement des créances de l’Etat est un sujet qui passionne ou qui doit passionner lorsqu’on est dans un pays comme la Guinée , potentiellement riche, mais pauvre dans son vécu quotidien. Si bien que cette problématique se pose de plus en plus en terme de justice et d’équité avant d’interpeller la conscience collective. On peut donc aisément remarquer que face à la question, si les Guinéens peuvent être divisés sur l’approche des opérations de recouvrement de l’argent public menées jusque-là, sur le principe, ils ne pourront qu’afficher une belle unanimité.
Il n’est pas besoin d’être savant pour comprendre que la Guinée souffre de ses gouvernants. Dans un livre qu’il a consacré à la monnaie guinéenne, M. Mamadi Camara, économiste écrit en septembre 2004 : « La nature a particulièrement favorisé la Guinée. Son sous-sol est d’une richesse minérale exceptionnelle. Dans l’état actuel des recherches, le sous-sol renferme 25 milliards de tonnes de réserve possible de bauxite dont 18 milliards de tonnes prouvées et certaines ; 10 milliards de tonnes de fer de réserve possible dont 880 millions sont certaines ; 25 à 30 millions de carats de diamant de réserve possible dont 4 millions de carats certains ; 1000 tonnes d’or de réserve possibles dont 500 tonnes prouvées », entre autres. Sans compter que M. Camara estime qu’il tombe 1500 à 4000 mm d’eau de pluie par an en Guinée. Comment avec autant d’atouts, la Guinée est-elle arrivée à un résultat si catastrophique, si ce n’est la mauvaise gestion des ressources humaines et naturelles. Les nouveaux riches ne doivent-ils pas dans ces conditions rendre compte ? C’est en tout cas le vœu des populations.
Cette aspiration est légitime, et la Guinée ne doit pas passer par là parce que le phénomène est de mode, mais parce que c’est une nécessité vitale pour elle.
A partir du moment où le pays est à sec, il va falloir trouver des ressources pour faire vivre l’Etat et le citoyen. Si c’est bien ce dessein qui anime nos gouvernants, quoi de plus normal ? Alors qu’ils veuillent bien nous sortir des petites querelles politiciennes pour nous faire emprunter les sentiers d’une véritable moralisation de la vie publique. En commençant par rendre publique la liste exhaustive des débiteurs de l’Etat. Comme cela, mêmes les gosses se convaincront du sérieux de l’opération et pourront ainsi parier sans hésiter sur la bonne foi de nos dirigeants.
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