Elections législatives : Evaluation à mi-parcours des activités de la CENI

05 May, 2008

La Commission électorale nationale indépendante (CENI) a conféré le samedi 3 mai dernier avec les journalistes de la presse, nationale publique et privée. C’était à son siège à la Cité des nations. Animé par son président, Ben Sékou Sylla qui avait à ses côtés l’ambassadeur de la CEDEAO Edward Aina, l’objectif de la rencontre était d’informer l’opinion nationale sur l’état d’avancement des préparatifs des prochaines consultations législatives.

D’entrée, le président de la CENI, a informé l’assistance de l’acquisition par son institution des 500.000 dollars récemment promis par la CEDEAO pour son fonctionnement. Cet appui financier vient s’ajouter à ceux déjà reçus par l’organe co-organisateur avec le Ministère de l’intérieur et de la sécurité, des prochaines élections législatives prévues, entre le 23 novembre et le 14 décembre prochain. Ces premiers appuis financiers sont notamment venus de la France et de l’Allemagne qui ont déboursé chacun 100.000 euros. Le Canada a, pour sa part, contribué à hauteur d’un million de dollar canadien. Côté gouvernement, informe le conférencier, un premier geste a été opéré au montant de 500 millions de francs guinéens sur les 4 milliards proposés. Mais depuis, s’inquiète le président de la CENI, ‘’le gouvernement est resté muet’’. « Il va falloir qu’on le réveille. Car, quand on te lave le dos, il faut te laver le ventre à moins qu’on soit manchot. Et je sais que la Guinée n’est pas manchot » s’empresse t-il d’ajouter cette boutade comme pour ironiser la lenteur gouvernementale.

Quant à l’Union européenne, elle a injectée 2 millions d’euros pour la confection des cartes électorales. Ces différents soutiens financiers sont loin de combler les attentes de la CENI dans sa mission de réussite d’une élection démocratique acceptable par tous. Gage certain, reconnaît-il, de la sérénité après élection en Guinée. « Les élections représentent un facteur d’unité ou de conflit. Donc, il faut tout faire pour éviter les conflits post électoraux comme ça été le cas au Kenya, au Zimbabwe, etc…) rappelle Ben Sékou Sylla. D’où le souci de la CENI qui appelle à une réelle volonté politique et soutien financier des gouvernants et partenaires au développement pour réussir le pari. Le numéro un de la CENI mettra surtout un accent particulier sur le second volet. Celui ayant trait aux finances. « Pour réussir les différentes opérations, il faut assurer l’opérationnalisation des démembrements en leur dotant des moyens logistiques et financiers suffisants » note t-il. A

vec ces premiers acquis financiers, la CENI a réussit hormis l’opérationnalisation du siège de la CENI, de l’opérationnalisation de ses différents services et surtout la mise en route de l’ensemble des programmes d’activités conformément à sa mission, le Président de la CENI se réjouis de l’installation des démembrements de son institution. Aujourd’hui, souligne Ben Sékou Sylla, 38 commissions électorales préfectorales et communales indépendantes, y compris les 5 communes de Conakry, 330 commissions électorales sous préfectorales indépendantes sont installées. Qui ont déjà bénéficié de deux jours de formation. Et, dans les prochains jours, la CENI s’emploiera à la mise en place des commissions électorales dans les Ambassades pour permettre aux Guinéens de l’étranger de prendre effectivement part au vote.

Ce qui constitue une nouveauté par rapport aux élections que la Guinée a connues jusque-là. Parlant toujours des avancées par rapport à ces futures consultations, le conférencier a informé la disponibilité de 100 kits sur les 1.000 attendus au cours de ce mois. D’ailleurs, quand nous allions sous presse, le Ministère de l’intérieur procédait au lancement de la formation du personnel technique pour les opérations d’enregistrement des électeurs par les kits. Une formation qui concerne 2.100 agents techniques. Considérées comme un préalable à la tenue d’une élection transparente, les opérations de révision des listes électorales et le recensement débuteront au mois de juin prochain.
L’avantage de ces kits, a-t-il dégagé, permettra d’éviter le doublon et les procurations. « Avec les cartes biométriques, l’électeur peut voter sans sa carte nationale d’identité » précise Ben Sékou Sylla. Malgré toutes ces avancées, il faut le dire, encourageantes, le président de la CENI a mis un accent particulier sur le problème qui pourrait handicapé le travail de son institution. Il s’agit du soutien financier et politique. A la fin de la rencontre, le conférencier s’est prêté aux questions de la presse. A l’issue de cet échange, Ben Sékou Sylla s’est montré optimiste à la tenue des élections crédibles et a mis l’occasion à profit pour inviter la presse à accompagner le processus.

A rappeler que le budget total de la CENI se chiffre à plus de 130 milliards de francs guinéens. Pour la révision des listes électorales, la Commission de l’union européenne et le PNUD financent 7.120.000 euros dont la CE a elle seule octroie 6.720.000 euros.


Malick M. Bangoura

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