Conakry sera en moins de quatre jours la capitale du rap et reggae à travers le Festival de rap africain ‘’le Rap Aussi’’ en sa 7ème édition. Ça sera du 11 au 18 mai prochain. Un festival qui va connaître la participation des enfants du célébrissime reggae man Robert Nesta Marley alias Bob Marley. En prélude à cet évènement culturel, le DG de Contact Evolution (structure organisatrice) Malick Kébé s’est prêté à nos questions.
Le Diplomate : Nous sommes à moins de 5 jours du début de la septième édition du Festival de rap africain, peut-on savoir l’état de préparatif ?
Malick Kébé : Les préparatifs vont bon train dans l’ensemble puisque au jour d’aujourd’hui, les contrats son réglés avec les artistes, ils sont engagés, les billets sont en vente, les cartes d’invitation sont mises en place. Et le vendredi 9 mai, les enfants de Bob Marley vont débarquer à Conakry. Donc nous on va continuer la communication samedi et dimanche. Le spectacle se produira car tout est mis en œuvre pour la réussite de l’évènement. Tout va très bien, au niveau de la technique, la sono. Il y aura un groupe électrogène de 322 KVA pour la fourniture de l’électricité.
Qu’est-ce qui va différencier la présente édition aux six précédentes ?
MK : Le festival de cette année à une particularité en ce sens que l’accent est mis sur le reggae qui est un autre genre du hip hop qui lutte pour les mêmes valeurs. Donc, il y aura en plus des artistes étrangers, certains reggae mens comme Elie Kamano, Takana Zion, Abdoul Jabbar, etc. L’autre particularité est que le festival coïncide avec l’anniversaire de la mort de Bob Marley dont l’évènement était à un moment donné interdit par l’autorité guinéenne. Cet évènement doit avoir un autre visage, une autre représentativité qui est bonne pour permettre à la Guinée aussi de vivre cette manifestation planétaire. La troisième particularité, c’est le thème choisi cette année. ‘’Le Cinquantenaire : lutte contre la drogue’’.
La Guinée aura bientôt 50 ans le 2 octobre prochain. A côté de ça, il faut reconnaître que la jeunesse est abandonnée. La drogue doit arrêter sa propagation au sein de la jeunesse. Nous, jeunes nous devons prendre nos responsabilités pour freiner la consommation de la drogue. Mais le gouvernement doit beaucoup faire. Pour ce fait, les jeunes ne doivent pas être laissé pour compte. La drogue détruit et nuit. On doit s’occuper d’eux, les entretenir et les former et l’Etat est le premier à prendre ses responsabilités face à ces tares.
Aujourd’hui, quels sont les groupes et artistes qui ont confirmé leur arrivée à Conakry ?
MK : Tiken Jah Fakoli, Daara J du Sénégal, Ardiess du Bénin, Mouz B de Kill Point en provenance de France et bien évidemment les enfants de Bob dont Julien Marley (confirmé), Ryan Marley et Stephan Marley. Mais je tiens à rappeler que ce n’est pas la venue de tel ou de tel enfant qui est important mais c’est la progéniture de Marley qui nous gratifie de sa présence en Guinée pour commémorer l’anniversaire de celui qui fut l’un des amis de l’Afrique. Qui s’est battu pour son unité et la reconnaissance de ces valeurs aux yeux du monde et cela s’illustre dans sa chanson ‘’Africa Unit’’ dont il a pensé 20 ans avant la sortie de l’album.
C’est un artiste qui a côtoyé les grands leaders panafricains dont Nkrumah pour porter plus loin leur message de l’unité africaine. Ces enfants viendront chanter l’œuvre de leur papa pour le bonheur du peuple guinéen.
Quel est le programme définitif du festival ?
MK : Le 11 Mai : ouverture du festival avec les enfants de Bob, du 12 au 17 mai, il y aura des concerts de rue ou concerts Off dans les cinq communes de la capitale ; le 15, un concert est prévu au CCFG ; le 17, Tiken va se produire sur le même podium ‘’Concert Select’’ et le 18 mai, ça sera l’apothéose au stade du 28 septembre avec Tiken et les grosses pointures de la musique rap, reggae de Guinée.
Un festival de telle dimension demande de gros sous. La structure a-t-elle bénéficié de soutien extérieur ?
MK : C’est vrai que le festival draine du monde jusqu’à plus de 50.000 spectateurs. Mais pour cette édition, il n’a bénéficié d’aucun soutien financier jusqu’à l’heure où je vous parle (13h27, ce mercredi 7 mai). Souvent c’est l’OIF et d’autres privés qui réagissent positivement à mes courriers de soutien. Pourquoi pas le gouvernement guinéen ? Tout simplement, la culture en Guinée ne bénéficie pas d’aide pour couper court.
Quels sont les objectifs de Contact Evolution au-delà du festival ?
MK : On ira loin prochainement en invitant des artistes internationaux pour les faire venir en Guinée. Action qui permettra certainement d’avoir des contacts avec nos artistes sur place et même aller jusqu’à faire des featurings avec eux et faire des tournées à travers l’Afrique et dans le monde. Egalement, la structure a prévu des formations en marketing et en management. Mais par faute de support financier de l’Etat, nous ne pouvons réaliser cet autre aspect du festival.
Avec la réussite que connaît le festival d’une année à une autre, est-ce qu’aujourd’hui on peut estimer que c’est un opérateur culturel satisfait ?
MK : Satisfait ? Non. Je suis loin d’atteindre la satisfaction car il faut que je voie deux ou quatre artistes guinéens faire des tournées et concerts pendant des mois à travers l’Afrique et le monde sur le plan hip hop, rap et reggae. A travers le festival, permettre à d’autres artistes qui ont marqué l’année musicale de participer à d’autres festivals au Burkina, à Dakar, à Bamako, au Gabon et ailleurs.
Comment trouvez-vous l’état de santé de la culture guinéenne ?
MK : il faut assez d’effort pour la culture. Les ballets comme Djoliba, africains, l’ensemble instrumentale sont rangés dans les oubliettes. Les acteurs culturels doivent être mieux former pour hisser haut cette culture. L’Etat doit avoir un Palais de congrès spécial pour la culture. On doit diversifier les salles de spectacles pour pouvoir propulser la culture guinéenne, des podiums de rue pour des spectacles de rue, assurer la formation des agents culturels, former les artistes pour leur permettre de chanter des choses qui intéressent tout le monde c’est-à-dire le quotidien au lieu de chanter Pierre ou Paul. Certains artistes naissent au Palais et meurent là.
L’appel au public
MK : venir massivement pour soutenir les artistes et pour se faire du plaisir. N’acceptez pas d’être absent. Soyez témoin de l’évènement pour ne pas qu’il vous soit conter après. Y’a eu coupure, Tiken fait ça, les enfants de Bob sont supers, il faut être là. Et enfin je profite pour remercier la presse écrite et audio visuelle. Surtout vous particulièrement ‘’Le Diplomate’’ à travers son site pour cette opportunité que vous m’offrez pour parler du festival et de la culture guinéenne.
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