Fodéba Isto Kéïra, président du BEMA :

« Je demande aux gouvernements africains de soutenir le BEMA »

24 Mar, 2008

Le Président du Bureau export de la musique africaine (BEMA) Fodéba Isto Kéira rentre d’une mission de travail en France. Où il était allé prendre part à une rencontre du comité de suivi du BEMA. A cette occasion, il a rendu compte des activités de la structure culturelle panafricaine au compte de l’année 2007. Peu après son retour au pays, Isto Kéira s’est prêté à cœur joie à nos questions.

Le Diplomate : vous rentrez d’une mission en France. Qu’est-ce qui fait courir autant le président du BEMA?

Fodéba Isto Keïra : Bien ! Merci, il faut dire qu’entant que président du Bureau Export de la Musique Africaine (BEMA) constitué de 14 pays africains, nous avions un rendez-vous en France. C’était en février dernier pour rencontrer le comité de suivi des activités du BEMA. Il faut dire que le comité de suivi est constitué du responsable de la Division Culture au ministère français des Affaires étrangères ; les cadres du ministère français en charge de la Culture ; les responsables de la SACEM ; de l’UNESCO ; de l’OIF, du Conseil francophone de la chanson ; de Culture France.

C’était donc devant ces personnalités qu’il fallait venir rendre compte des activités qui ont marqué l’évolution de notre structure panafricaine. Et comme vous le savez, nous avons commencé nos activités par une série de formation au Burkina Faso, Côte d’Ivoire, au Mali, au Sénégal, en Guinée et au Bénin. Il fallait aussi rendre compte de la tournée d’artistes comme Mariétou Sissoko et Awadi du Sénégal qui ont fait le tour des capitales africaines. Grâce bien naturellement à la subvention de l’Organisation internationale de la francophonie. En plus des Institutions internationales, il faut aussi signaler la contribution timide des gouvernements africains. Je saisi d’ailleurs l’occasion qui m’est offerte pour lancer un appel aux gouvernements pour qu’ils puissent soutenir davantage le projet BEMA.

Qui affiche de nobles objectifs dont la circulation des artistes africains et de leurs œuvres, la protection des droits d’auteur, et aussi une meilleure diffusion des informations culturelles à travers le site web que nous allons, sous peu créer. Donc c’était un devoir pour nous de justifier nos dépenses par rapport à la subvention qui a été mise à notre disposition. Pour que nous puissions soumettre de nouvelles doléances en vue de bénéficier de nouvelles subventions. Nous nous réjouissons beaucoup de la mobilisation de la communauté des institutions. Ces institutions commencent à croire à notre projet. C’est le cas de l’UNESCO ; du Conseil francophone de la chanson ; de Culture France etc. Cette année, nous entendons poursuivre les activités de formation et de circulation des artistes.

Concrètement quel est votre plan d’action pour cette année ?

Au plan national, nous allons procéder à la collecte des titres de certains artistes qui auront attiré l’admiration du public. Je dois préciser qu’il y a un comité de sélection. ça se fait par appel à candidature sur le plan international. Ainsi, chaque structure locale, régionale, collecte la musique de son pays, après quoi, les musiques sélectionnées sont transmises au siège de BEMA à Dakar. Ensuite, les membres du comité de suivi et les membres du comité du bureau exécutif constitué de spécialistes de la musique, vont sélectionner les groupes qui vont figurer dans la compilation. Il faut préciser que cette compilation que nous allons sortir ne peut être vendu sur aucun territoire, c’est une compilation à caractère promotionnel, de présentation des artistes.

Par exemple, je prends Sékouba Kandia, ou Fodé Kouyaté ou un titre d’un groupe de rap. Ça ne doit pas être vendu. Ce sont ces disques compilés que nous allons présenter au salon international de la musique en Espagne en novembre prochain. Au niveau guinéen, vous savez que l’année dernière, nous avons commencé une première étape de formation. Il s’agit d’une formation de formateurs. Nous avions sur la ligne de départ 45 personnes, 15 ont été retenues sur la base de leur mérite. Cette année, ce sont ces 15 personnes seulement qui vont bénéficier du 2e niveau de formation.

L’innovation, cette année en Guinée, c’est que je me suis battu pour qu’on puisse avoir une formation pour les techniciens de son. Parce que, nous avons un déficit chronique au niveau de la sonorisation et en live et en studio. Nous allons donc faire un recensement des jeunes ayant une expérience dans la sono des spectacles et la prise de son dans les studios. Pour qu’ils puissent bénéficier de l’expérience de nos partenaires européens ou africains. Mais l’objectif final de ces formations est de ramener les Africains à se prendre en charge. Puisque le BEMA est un projet porté par les Africains et pour les Africains, nous souhaitons que l’Afrique puisse avoir des cadres culturels compétents à même de nous aider à organiser et à professionnaliser les milieux du show biz africain.

Quelle différence y a –t-il entre BEMA et Circul’a ?

Circul’a, c’est la première forme d’existence du réseau. C’était circul’a, circulation des artistes. C’est circul’a qui a donné naissance au BEMA.


Propos recueillis par Ismaël Kabinè Camara

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