Que d’émotion, ce matin 6 mai au marché Niger situé au cœur de la commune de Kaloum. Précisément la partie appelée Korébounyi (au bas de l’étage). Commerçants, clients et simples curieux étaient sur les lieux pour non seulement constater de visu les dégâts matériels causés par un incendie qui s’est déclaré dans la nuit du 5 au 6 mai aux environs de 1h du matin. Et surtout, ils étaient là pour témoigner de leur affectation aux victimes de cette catastrophe qui a tout ou presque consumé le contenu de la dizaine de petits conteneurs.
Selon les témoignages recueillis sur place, des centaines de millions seraient partis en fumée. On pouvait lire sur les visages des uns et des autres de la consternation. Appelés à la rescousse, les sapeurs pompiers, aux dires du surveillant général et certaines victimes, ont su vite maîtriser la flamme qui continuait à embraser d’autres boutiques.
Au moment où nous quittions les lieux, l’administrateur général du marché le Dr Sanoussy Camara annonçait l’arrivée sous peu du gouverneur de la ville de Conakry. Histoire pour Malick Sankhon de toucher du doigt les dégâts causés par cet autre court circuit. Ce qui allonge la liste noire des victimes des courts circuits. Et, relance sans nul doute le débat sur les branchements clandestins et les coupures intempestives. La responsabilité est parfois partagée.
Témoignages à chaud de certaines victimes et le surveillant général (gardien) du marché.
Alphadjo : vendeur de produits cosmétiques
«Je m’appelle Alphadjo et je suis au marché Niger depuis près de 15 ans maintenant. Je vends les produits cosmétiques, des Pampers, des fonds de teint, de la lingerie, je vends beaucoup de choses. J’ai perdu beaucoup d’argent, des centaines de millions mais je remercie beaucoup les sapeurs pompiers qui ont fourni beaucoup d’efforts avant qu’on arrive. Sinon c’est tout le marché qui serait parti en fumée. Moi, je suis jusqu’à Bambeto et je suis arrivé sur les lieux vers 1h 30 sur appel du gardien du marché. »
Boubacar Baldé : Gardien du marché sur les circonstances
«Je suis au marché Niger depuis 1984 et le gardiennage, je l’ai commencé en 1987. C’est à 1 heure du matin qu’il y a un court circuit. Qui a immédiatement pris les cartons vides superposés sur les conteneurs. La flamme s’est vite propagée. Comme je ne pouvais pas m’approcher, j’ai fait demi-tour. Et j’ai pris rapidement la moto pour alerter les sapeurs pompiers à Tombo [à moins d’un kilomètre du marché, ndlr]. On est revenu et la flamme continuait à consumer les conteneurs. Mais jusque-là le courant n’était pas coupé. Alors je suis vite allé avertir l’EDG pour qu’il coupe le courant. J’ai cherché à téléphoner aux propriétaires et je n’ai pu avoir que 5 d’entre eux. C’est vraiment impitoyable. »
Foulematou Camara : vendeuse de textiles
« J’ai perdu beaucoup de choses en nature et en espèce. Rien n’est sorti. Je vends des pagnes, mèches, draps et autres objets pour les femmes. Hier, [5 mai, ndlr] seulement en espèce j’ai compté une somme de 8 millions de francs. Chaque fin du mois je fais le versement à la banque. Je m’apprêtais à effectuer le versement ce matin et très malheureusement Dieu en a décidé autrement. Aujourd’hui rien n’est sortit de ma boutique. La valeur approximative de mes marchandises peut atteindre la somme de 13 à 15 millions de nos francs. Il faut que les autorités nous aident pour éviter ou mettre fin aux dégâts causés par les courts circuits. Les gens ont trop payés avec les courts circuits. Je ne m’en remets qu’à Dieu car même le gouvernement ne peut rien faire pour nous. Moi je suis là depuis ma tendre enfance. J’ai presque grandit ici. Avant, je venais après les parents et aujourd’hui je fais le commerce pour moi-même. »
Barry Mamadou : élève, il est fils d’une victime
« Moi, je dormais quand on m’a réveillé pour dire qu’il y a eu un incendie au marché Niger. Mon père m’a dit de venir et après il va me rejoindre. Nous habitons à Simanbossia (Simbaya) en haute banlieue dans la commune de Ratoma. Quand, nous sommes venus à 2 heures du matin, la flamme était difficile à maîtriser. C’était de la désillusion. Malgré le travail fourni par les sapeurs pompiers, les gens ont perdu beaucoup de choses. Nous vendons du poulet importé, des produits alimentaires. J’ai perdu, renchérit le père, deux congélateurs pleins de poulets et beaucoup de choses. Je peux évaluer les dégâts à plus de 4 jusqu’à 5 millions de francs guinéens »
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