La fugitive de Mohamed Camara : Projection en avant première

10 Mar, 2008

Le monde de la culture guinéenne s’était donné rendez-vous au Centre culturel franco guinéen le vendredi 7 mars dernier pour la projection avant première du dernier film sorti des griffes du cinéaste Mohamed Camara. ‘’La Fugitive’’, c’est le titre de cette œuvre, actuellement du plus grand réalisateur cinématographique de la Guinée. Ce film met en scène des acteurs pas des moindres dans le milieu de la culture guinéenne en général et du cinéma en particulier. Il s’agit entre autres de l’inépuisable Hadja Kadé Seck, de Tantie Magas, Rougui Camara et de Aminata Touré ‘’Mina’’ l’actrice principale dudit film.

De quoi s’agit-il dans ce film ? Voici un extrait du récit : « C’est l’histoire d’une jeune fille qui quitte brusquement la salle de la Mairie au moment où l’officier de l’état civil lui a demandé de devant Dieu et les hommes de répondre à la traditionnelle question : ‘’Mademoiselle, voulez vous prendre pour époux monsieur…’’ ? Après un moment d’hésitation, son regard tombe sur Samba dont elle seule voyait. Il s’agit d’une personne bizarre arrêtée à la porte de la mairie. Miraculeusement, c’est elle seule qui voit cet homme apparemment deux fois plus âgé qu’elle. Contre toute attente surtout du côté des parents du mari, Aïcha prend la cavale et se réfugie en forêt. Où elle va tomber dans les bras d’une vieille dame ‘’Gnaba’’, détentrice de pouvoirs occultes. Sans savoir que cette dernière est la mère de ‘’Samba’’ qu’elle fuit. La différence entre les deux personnages est que ‘’Gnaba’’ met son pouvoir à profit pour protéger personnes qui viennent la consulter, alors que ‘’Samba’’ quant à lui nuit à autrui…

Ce scénario va durer jusqu’au jour où ‘’Samba’’ se retrouve face-à-face avec sa mère dans cette forêt alors qu’il venait de revoir ‘’Aïcha’’. Selon le réalisateur, ‘’La Fugitive’’ est une parabole qui met en exergue le comportement des gens qui font du pouvoir une arme de nuisance où ils priment leur intérêt personnel et égoïste au détriment du peuple. Côté technique du film, le réalisateur Mohamed Camara dit avoir tenté de travailler pour la première fois avec les techniciens guinéens et une lumière naturelle.

Deux essais, selon lui qui ont bien réussi les prochains jours pour plus de compétitivité. Parlant du cinéma guinéen, Mohamed Camara ne tergiverse pas : «Le cinéma guinéen n’existe pas. Les autorités politiques bafouent la culture. La Guinée est l’un des rares pays où il n’y a pas un ministère de la Culture ».


Malick M. Bangoura

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