Le chemin de croix de l’économie guinéenne

29 Nov, 2006

Les lendemains de l’indépendance ont été durs pour le jeune Etat guinéen en 1958 ; des témoignages concordent à dire que le colon en partant a tout pris, y compris les installations téléphoniques qui auraient été tout bonnement déterrées et emportées en France. En tout cas, les archives sont formelles que le choix de l’économie centralisée par ses dirigeants a conduit la Guinée à opter pour une stratégie de développement basée sur la conception et la mise en œuvre de plans multisectoriels 1960-1963 ; 1964-1971 ; 1973-1978 d’une part, et la création d’entreprises publiques d’autre part. Pendant que les activités privées elles, étaient l’apanage de la production dans le secteur rural déjà soumis à un contrôle de prix, alors qu’il était caractérisé par un manque criard de crédits. C’est donc à juste raison si certains spécialistes imputent à cette situation le début du glissement de l’économie nationale vers l’informel et le développement du marché parallèle.

« Malgré l’augmentation des recettes d’exportation minière au milieu des années 70, la baisse des recettes non minières couplée à des dépenses publiques croissantes créèrent une telle pression sur les réserves en devises qu’il a fallu freiner les importations de biens de consommation et de matières premières nécessaires au fonctionnement des unités industrielles », lit-on dans une de ces archives. Toujours est-il que cela a eu pour conséquences immédiates, poursuit le même document, le découragement de l’investissement par les opérateurs nationaux qui ont préféré les activités à faible risque et à profits réalisables à court terme. Au même moment, les investissements étrangers se sont concentrés dans « les enclaves minières n’ayant aucun effet d’entraînement sur les autres secteurs de l’économie ». Le PIB dans tout ça ? Il a connu une croissance moyenne inférieure à celle de la population. Ainsi entre 1960 et 1970, alors que la croissance de la population était de 2,8%, celle du PIB rôdait autour de 2,4%.

Une embellie toutefois, car de 1975 à 1980, cette croissance était à environ 3,5%, traduisant une amélioration due au démarrage de la production dans les zones minières du pays. Seulement voilà, à partir de 1980, cette croissance a ralenti, à cause de la saturation des compagnies minières qui avaient atteint leurs limites de production, faute d’extension, entraînant dans sa chute le revenu par tête d’habitant qui a fini par se situer à environ 250 dollars US. La Guinée empruntait alors inexorablement la voie de la pauvreté.


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