Recherche hydrographique : Un navire français prospecte les eaux guinéennes

21 Apr, 2008

Le navire hydrographique « Borda » de la Marine française mouille au large des côtes guinéennes depuis le 7 avril dernier. Ce bâtiment long de 50 mètres et large de 10,90 mètres est venu effectuer des relevés des fonds marins dans les voies d’accès aux ports de Conakry et de Kamsar.

Les données fournies par ce navire qui dépend du Service Hydrographique et Océanographique de la Marine française (SHOM) permettent de garantir une navigation maritime en toute sécurité. Cette activité est coordonnée par l’Organisation Hydrographique Internationale (OHI) et plus particulièrement la Commission Hydrographique de l’Atlantique Oriental (CHATO) dont la France est membre et la Guinée, membre associé. L’opération de prospection du Borda dans les eaux guinéennes, première du genre depuis l’indépendance de la Guinée, a été menée par les 50 personnes à bord du navire en synergie avec les scientifiques guinéens du CERESCOR (Centre de recherches Scientifiques Conakry-Rogbané).

Ce centre étant d‘ailleurs le premier bénéficiaire des données acquises par le Borda. Samedi 18 avril dernier, une escouade de journalistes de la presse nationale a visité ledit navire au Port de Conakry. Dans sa tunique blanche, le mastodonte des eaux impressionne plus d’un visiteur. Poignées de mains chaleureuses avec l’équipage et nous voici dans le vif du sujet. Selon le directeur de la mission, l’officier français Jean Luc, cette escale s’inscrit en droite ligne de la volonté de la France de renouer la coopération avec la Guinée dans le domaine de la recherche hydrographique.

En effet, les derniers relevés hydrographiques guinéens pratiqués par la France datent de près de 70 ans, a expliqué M. Jean Luc. « Dans les années à venir, nous comptons établir une coopération hydrographique approfondie avec la Guinée », a indiqué l’officier français. Ainsi, dans la cité bauxitique de Kamsar, première étape de la prospection effectuée par le « Borda », des données ont été recueillies sur le positionnement des bateaux miniers. Ici et au Port de Conakry où le chenal a été minutieusement scruté, des images satellitaires ont été glanées. Des cartes marines seront produites à l’aide de ces données qui devront être diffusées à tous les navires devant toucher la terre en Guinée. « Ces relevés des fonds marins guinéens permettent par exemple d’identifier les épaves de bateaux qui gisent sous les eaux. Ce qui permettra aux navires d’éviter ces épaves sur leur trajectoire », a précisé un des membres de l’équipage.

La visite des arcanes du Borda a permis aux journalistes de découvrir ainsi la vedette hydrographique dont le rôle est de sonder les fonds marins. Il y a aussi cette cabine équipée d’ordinateurs hyper performants, une sorte de cyber flottant qui permet de visualiser les données recueillies dans les entrailles de la mer. Spacieux et truffé de tableaux, le poste de navigation qui est tenu par trois personnes a également tapé dans l’œil des visiteurs du jour. Qui de ce pas ont d’ailleurs eu droit à une démonstration opérée de mains de maître par l’équipage à bord d’une vedette hydrographique.

Visiblement conscient de l’importance de cette mission qui ouvre une nouvelle page dans la coopération guinéo-française, le directeur du CERESCOR, Pr. Sékou Konaté se dit satisfait de l’implication de sa structure dans cette opération. « Le statut d’un port est lié à la sécurité qu’on a en y accédant », a-t-il fait remarquer. C’est le 25 avril prochain que le Borda reprendra la mer à destination de Brest en France d’où il est parti le 24 mars dernier.


Talibé Barry

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