Trois questions à ... Moussa SYLLA, Secrétaire général du Forum des amis de Lansana Kouyaté pour les actions positives (FALKAP), à cœur ouvert:

« En un an, Kouyaté a largement prouvé »

22 Feb, 2008

Le Secrétaire général du FALKAP, Moussa Sylla, depuis Abidjan, où il réside s’est ouvert à votre hebdomadaire. Dans l’interview qui suit, M. Sylla répond sans détours aux préoccupations de notre collaborateur. De la révocation du ministre des NTI, Justin Morel Junior, aux incompréhensions, heureusement surmontées, entre la Primature et la Présidence, en passant par le bilan de la mission du Premier ministre.

Bonjour M. Moussa Sylla, pourquoi cette passion chaque fois que vous évoquez l’action du Premier ministre Lansana Kouyaté. Et son bilan, en seulement un an ?

Tout d’abord, je tiens à vous remercier très sincèrement pour l’occasion que vous me donner d’émettre mon avis sur la mission du Premier ministre, celui-là même que je considère, et avec mes camarades au FALKAP, comme le symbole du renouveau guinéen. Vous conviendrez qu’on ne peut pas ouvrir un débat sur cet homme, sans une note de passion.

Mais au-delà de cette passion pour l’homme, qui ressort de l’affectivité, je vois plus sérieusement, le cadre guinéen, le diplomate, sur les épaules de qui repose l’espoir de tout le peuple de Guinée. C’est une responsabilité énorme et historique, que d’accepter la position qui est la sienne aujourd’hui. Notre pays, avant son arrivée, était dans le creux de la vague. Le mot est faible pour décrire le contexte d’avant sa nomination. Tous les clignotants étaient au rouge dans ce pays alors au bord de l’implosion. Pour qui a vu ou appris le parcours de ce digne fils de digne, ne peut qu’être convaincu de la pertinence de son choix, à la Primature.
Kouyaté, vous le savez est diplomate et a parcouru, de par cette fonction, le continent dans tous les sens pour promouvoir la paix, pour exhorter à la conciliation et à rapprocher des positions divergentes.
De Mogadiscio, à Freetown, en passant par Monrovia, Lomé ou Abidjan, Kouyaté a toujours servi la paix. Pour lui, c’est un sacerdoce. En certains points du globe, où il a été en fonction, il ne l’était pas souvent pour le compte de la Guinée ; mais il a beaucoup plus contribué à étendre l’image de la Guinée, à faire rayonner ce pays qui lui est si cher, que bien des diplomates officiellement en mission pour notre pays. C’est un mérite et il faut le lui rendre. Cet homme est une occasion pour notre pays de reprendre le chemin du développement. C’est une chance que les Guinéens doivent saisir. Avec le Gouvernement qu’il dirige, il a largement prouvé qu’il est à la hauteur de la mission à lui confiée. Vous qui êtes sur le terrain vous devez vous en rendre compte plus facilement. Vous conviendrez également que la situation dans laquelle il a trouvé le pays était plus désastreuse, qu’elle ne l’était depuis 10 ans. C’était un gros challenge qu’il lui fallait relever, et au plus vite, vu la grande détresse des Guinéens, que nous saluons pour leur compréhension et l’espoir immense qu’ils placent en ce gouvernement. Par où fallait-il commencer quand M. Kouyaté, prenait fonction. Il a lui-même dit que tout était prioritaire. Et c’est à ce travail gigantesque que lui et son gouvernement s’attèlent. Mais comme il l’a encore indiqué, c’est un travail de longue haleine qui exige la participation de tous les Guinéens. Vu le désastre qu’a connu ce riche et beau pays.

Aujourd’hui, vous conviendrez, le changement s’opère, et ce à tous les niveaux. Le plus important si on s’en tient à une analyse des différentes stratégies du gouvernement, c’est de poser les bases d’un développement durable en Guinée. Ces bases-là se dessinent plus clairement, un an après. La diplomatie guinéenne essaie, avec une saine agressivité de redorer le blason du pays. La Guinée est plus ouverte, plus fréquentable qu’il y a quelques années, elle sort enfin de sa léthargie et renoue avec les instituions financières et internationales.

La conséquence est nette si l’on s’en tient aux engagements pris par les partenaires au développement, qui ont décidé d’accompagner le Gouvernement. Directement, les appuis financiers extérieurs consentis en termes de dons ou de prêts se feront sentir sur le panier de la ménagère guinéenne. Une part importante de la dette guinéenne a été annulée, vous le savez, ce qui signifie que le pays pourra faire des économies. Quant à l’eau et à l’électricité, plusieurs mesures ont été prises pour résorber le manque chronique dont souffre la Guinée.
Le récent forum des investisseurs, tenu à Paris, ouvre des perspectives nouvelles dans de nombreux secteurs, notamment celui des mines, des infrastructures, de l’immobilier etc.
Les secteurs du transport, de la pêche et de l’agriculture ne sont pas en reste de cette frénésie de réformes.

Comment votre mouvement a-t-il accueilli le limogeage du ministre de la Communication et des NTI, M. Justin M Junior ?

C’est avec beaucoup de regret que nous avons appris la nouvelle, à abidjan. Au delà de la compétence de ce ministre, reconnue de tout le monde, la présence de M. Morel au gouvernement participait de la restauration de l’équilibre ethno- régional au sein du gouvernement de consensus. Comprenez que ce n’est pas-là le critère fondamental qui a prévalu à son choix. Mais cette donnée est importante dans un pays où les clivages de cette nature sont forts. La révocation de M. Morel relève de ce que j’appelle un usage disproportionné de la force. C’est un abus, un précédent dangereux pour notre pays. Le FALKAP dès la publication de cette information s’est réuni en session extraordinaire, le vendredi 04 Décembre 2008. Après l’avoir examiné sous toutes ses formes, nous avons condamné cet acte injuste et déduit qu’il découlait de quelque manœuvre politicienne orchestrée par des forces hostiles au changement.

Au-delà du cas Morel, il faut voir un sabotage du procès de changement voulu par tout le peuple de Guinée. En limogeant ce jeune ministre intègre, le Chef de l’Etat viole les Accords qui le lie aux syndicats, nargue les populations et veut se repositionner en vrai maître dans un pays qui lui a exprimé son ras-le-bol. Voilà pourquoi, nous avons demandé que chacun de nos gouvernants fasse preuve de retenue, de dépassement pour permettre au gouvernement de travailler dans la sérénité. Nous espérons que le dialogue l’emportera et que la raison sera au dessus des penchants.

Pourquoi soutenez-vous le Premier ministre hors du territoire national Guinéen?

Le FALKAP est une association créée hors de la Guinée, à l’initiative d’un groupe de ressortissants guinéens et d’africains pour soutenir toutes actions positives de M Kouyaté. Cela, avant même son avènement à la tête du gouvernement guinéen. C’est donc une association panafricaine à la dimension et au caractère panafricaniste du leader. Basé à Abidjan le FALKAP agit auprès de la communauté guinéenne expatriée qui a un grand besoin d’informations. Nous lutons pour pallier à la désinformation et l’intoxication entrepris par les détracteurs, en mettant en évidence les réalisations accomplies. Nous combattons l’asymétrie informationnelle en mettant en exergue les reformes pertinentes accomplies au prés de la communauté guinéenne de Cote d’Ivoire estimée à environ 1500 000 âmes.

Voila les raisons qui expliquent nos actions hors de la guinée. Nous agissons également en ligne dans plusieurs organes de presses. Nous ne reviendrons pas dessus. Mais il est important de rappeler que nous avons mené les activités suivantes: présentation officielle du mouvement aux autorités de l’ambassade ; Point de presse de lancement des activités; Rencontre et prise de contact avec les élèves et étudiants guinéens; Réalisation d’une enquête d’opinion au près de la communauté guinéenne etc. Nous prévoyons dans la continuité de notre programme d’activités, très bientôt la construction d’un site web, l’organisation d’une journée de réflexion avec les étudiants, une tournée de rencontre et de sensibilisation des amicales des guinéens des dix communes d’Abidjan…

Interview réalisée par K Cissé


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